Le BIT organise un atelier de formation sur l’Approche Basée sur les Droits Humains (ABDH) et la Gestion Axée sur les Résultats (GAR)

Le bureau international du travail (BIT) a organisé du 13 au 15 novembre un atelier de formation sur « L’Approche Basée sur les Droits Humains (ABDH) et la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) ». Destinée à une représentation tripartite (gouvernement, travailleurs et représentants du tissu associatif), cette session de formation vise à améliorer l’intégration des principes de l’approche de Gestion axée sur les résultats (GAR) avec les concepts et les outils de l’approche Basée sur les Droits Humain (ABDH). Au terme de cet atelier, les participants doivent être en mesure d’assurer une meilleure articulation entre ces deux approches indissociables et d’acquérir une méthodologie de planification, de gestion et d’évaluation efficace qui leur soit propre, et bien comprise par les groupes cibles.

L’ouverture de l’atelier, le 13 novembre, s’est faite suite à un rappel des objectifs de l’atelier, en cédant la parole à Mme Monia Ammar ( formatrice) qui a présenté les principes de l’approche basée sur les droits de l’Homme (ABDH) qui devrait être à la base de toute la programmation, réalisation ou coopération pour le développement dans tous les secteurs et dans toutes les phases du processus de planification. Cette approche devrait apporter sa contribution au développement des capacités des débiteurs d’obligation pour s’acquitter de leurs devoirs et des détenteurs de droits pour faire valoir leurs droits.

Dans la même journée, et afin de mettre le point sur la notion de l’écart des capacités, les participants à la formation ont été invités, tous, à un exercice d’application baptisé « Marche du pouvoir ». Cet exercice a été focalisé sur plusieurs notions liées à l’ABDH et la GAR comme les disparités de capacités, les niveaux d’accès aux droits, la disponibilité des moyens, l’inégalité de chances etc.

Qu’entend-on par la gestion axée sur les résultats ?

L’approche de Gestion axée sur les résultats (GAR) réfère à la conduite d’un projet ou d’un programme dont les résultats attendus sont liés à un changement descriptible, mesurable, occasionné par une relation de cause à effet, soit le fait de mener un ensemble d’actions dans un but précis de résultats tangibles et visibles. Cette approche met en évidence un lien causal entre les interventions menées par le biais des intrants/activités (ressources humaines, matérielles et financières, programmes de formation et d’appui) et les résultats atteints en terme de changements réels observables chez les partenaires.

Les deux formateurs M.M Ahmed Abdenadher et Hafedh Bouktif ont expliqué les grandes lignes de cette approche qui nécessitent une série de questions à savoir : Qu’est-ce qu’on veut changer dans une collectivité ou dans un milieu suite à l’intervention? Quels changements sont souhaités et réalisables, face à une situation que jugée déplorable? Qu’est-ce que on peut faire pour améliorer les conditions de vie ? Comment établir une meilleure équité (sans discrimination) dans les retombées des actions ?

Pour réussir, l’approche GAR doit s’accompagner d’un dialogue constant entre partenaires, d’outils pratiques de diagnostic participatif, de gestion de risques, de planification stratégique et de suivi-évaluation des progrès réalisés. Elle doit intégrer plusieurs principes de base : La responsabilité, la participation et l’imputabilité constituent des éléments clés de la GAR. La clarification des rôles et des responsabilités entre les parties prenantes contribue à créer un climat de cohésion et un sentiment de prise en charge des actions et des retombées du projet ou programme. La communication, l’échange des idées, le suivi et la collaboration sont indispensables pour atteindre les résultats souhaités.

Pour dire que l’approche GAR a atteint ses objectifs, le résultat doit être spécifique. Il doit préciser l’objet du changement souhaité, le groupe cible touché dans la région d’intervention et l’espace temps. Il doit être également mesurable en situant les progrès accomplis à l’aide d’indicateurs utiles et fiables, atteignable , réaliste et pertinenten répondant à un besoin identifié ou en agissant sur des contraintes identifiées par le groupe cible. Un bon résultat de l’approche GAR doit notamment témoigner de changements humains, de modification de comportements ou d’amélioration des conditions de vie comme l’exemple de l’amélioration de la santé des enfants handicapés, l’amélioration de la condition des femmes paysannes.

Quels sont les messages clés du BIT ?

Au cours de la deuxième journée de cet atelier Paz Arancibia, la représentante du BIT a présenté le programme « Promouvoir l’emploi productif et le travail décent des jeunes en Algérie, Mauritanie, Maroc et Tunisie » qui a pour objectifs : L’amélioration de l’efficacité des politiques et des programmes de l’emploi des jeunes en Tunisie, l’identification et le renforcement des programmes innovateurs pour les jeunes ainsi que la mise en place d’un cadre de coopération transnationale sur ce domaine.

La promotion du travail décent pour tous se base sur les principes suivants : La création d’emplois qui permet de générer des possibilités d’investir, d’entreprendre, de développer les compétences, de créer des emplois et des moyens de subsistance durables, la garantie du droits au travail qui permet d’obtenir la reconnaissance et le respect des droits des travailleurs, l’accès à la protection sociale et la promotion du dialogue social grâce à une approche participative d'organisations d’employeurs et de travailleurs fortes et indépendantes.

Paz Arancibia a également souligné que la BIT vise à booster la création d'emplois « décents », avec une garantie des meilleures conditions pour aider les communautés et les pays à se sortir de la pauvreté et améliorer les moyens de subsistance.

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